Le sud du sud du Laos

Cela fait 4 jours que nous sommes à Paksé. Nous reprenons notre souffle au bord de la piscine de notre hôtel. Il fait plus de 30 degrés et la trempette nous aide à aprécier la chaleur. 

Après-demain, 24 décembre nous partons pour les 4000 iles à l'extrême sud du Laos, tout prêt du Cambodge. Tout d'abord 5 jours sur l'ile de Don Det pour Noël, puis 5 jours sur l'ile de Don Khone pour nouvel an.

En attendant de vous faire découvrir ces 4000 iles  formées par les méandres du Mékong, nous vous souhaitons à tous un joyeux Noël

couché de soleil du 22 décembre sur le Mékong

Les 4000 iles

Des iles dans un pays qui n'a pas de côtes ? C'est impossible, sauf si le pays est traversé par le puissant Mekong. Juste avant de partir sur le Cambodge, le fleuve se divise presque à l'infini, en fonction du paysage. Une multitude de méandres le divise et formes un nombre incalculable d'iles plus ou moins grandes, parfois minuscules parfois mesurant plusieurs km de long.

Pour notre part, nous en visitons deux: Don Det et Don Kone.

Don Det

Depuis le 24 décembre, nous profitons de la quiétude des 4000 iles.  Cela fait 2 jours que la météo est perturbée à cause d’un ouragan qui est passé sur le Vietnam. Résultat : des nuages et même 5 minutes de pluie. Côté température, on est passé de 30 à 25°. On ne va pas se plaindre surtout que selon les infos que l’on reçoit de Suisse les fêtes semblent plutôt tempétueuses.

 

Ici on est plutôt tranquille. Il et 15h et je suis sur le balcon de notre chambre. Devant moi un petit bras du Mékong s’écoule paisiblement et imperturbablement en direction du Cambodge, à 7 km au sud.  De l’autre côté du fleuve, un arbre gigantesque et majestueux étend ses branches sur une petite ile. Ses racines plongent dans l’eau. De temps en temps une petite barque à moteur, que l’on appelle des longues queues, rapport à leur bras d’hélice extrêmement longue, passe dans un vacarme plus ou moins intense. Entre l’hôtel et la terrasse du resto au bord de l’eau un petit chemin fait le tour de l’ile. Des piétons, des vélos et des scooters passent à intervalle régulier. Ici pas de route donc pas de voitures. On se déplace plutôt sur l’eau.

 

Pascale fait la sieste, elle se remet d’une rhinite qu’elle a subitement attrapé en arrivant sur l’ile. Sûrement une allergie, peut-être la faute aux acariens ? Heureusement on a ce qu’il faut pour la soigner.

A 16 heures, on a rendez-vous dans un resto tenu par un couple slovaque très sympa. On va louer une barque pour une ballade de 2 heures sur le fleuve et peut-être un coucher de soleil vers 17h45. Ici ce sont les tropiques, à 18heures, il fait nuit.

Ce soir, pour changer, on va se faire des crêpes : tomate mozzarella, nutella, confiture, sucre. On aime se faire à manger et on utilise bien notre petite cuisine. C’est agréable surtout que notre végétarisme nous contraint à manger souvent les mêmes plats et comme on ne mange pas de légumes crus ou non pelés, donc pas de salade, c’est parfois répétitif. On ne mange pratiquement pas de pain. Pour le petit déj, on se fait souvent des soupes de nouilles ou des fried rice. Cela dépend si le repas est inclus ou non dans le prix de la chambre. Ici ce n’est pas le cas. L’hôtel est tenu par un français qui ne fout rien de la journée. C’est son droit et sûrement un pli qu’on prend en vivant avec les laotiens. Je suis un peu remonté contre lui depuis qu’il m’a regardé monter ses gigantesques escaliers dont les marches sont le double de la grandeur normale. J’ai fait 3 aller et retour devant lui avec les bagages sans qu’il lève le petit doit pour m’aider. L’enfoiré, on lui a laissé 220 francs pour 5 jours et il n’est pas foutu de m’aider.

Enfin bref, ici, la plupart des gens sont cool même s’il y a beaucoup de touristes. On sent quand même une certaine lassitude des autochtones à voir tout ces jeunes faire la fête et s’amuser. Ils ne pensent pas que, à part les glandeurs professionnels qui voyagent sur le dos de leurs voisins ou de leur pays, la plupart des autres vont se taper un métro boulot dodo tout le reste de l’année. Don Det est l’ile ou on fait la fête et ils en profitent.

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rencontre avec le professeur Groin

directeur de recherche au centre de propagation de la grippe aviaire de Don Det

Lors d'une de nos ballade sur l'ile, nous sommes tombés sur Le professeur Groin, directeur de recherche au centre de propagation de la grippe aviaire de Don Det.

 

Le professeur nous a déclaré en substance: Nos laboratoires à ciel ouvert sont répartis sur tout le territoire du pays. nous travaillons avec acharnement pour développer rapidement une nouvelle épidémie. La population humaine est également mise à contribution en multipliant les laboratoires où  poules, cochons, chiens et autres animaux travaillent patte dans la patte.

Puis il a profité de l'occasion pour remercier les occidentaux d'avoir à nouveau autorisé le retour des farines animales dans l'alimentation des bovins, poules et autre animaux d'élevage. Selon le professeur Groin, cela permettra aux survivants de l'épidémie de la grippe aviaire de succomber à une nouvelle épidémie  capable de les éliminer rapidement.

 

En conclusion, il a ajouté:  Jusqu'à aujourd'hui et à ma connaissance, aucun ruminant ne s'est plein de la pratique du cannibalisme, les vaches ne sont pas folles, si il y avait un danger elles nous le ferait savoir immédiatement.

Puis nous avons pu visiter quelques laboratoires

Le malaxage des germes est contrôlé avec soin par une spécialiste du pool technique

Un étudiant à la pose de midi: un repos bien mérité.

Les passants peuvent faire un don pour la recherche

A la vue de ces dizaines de guesthouses et de la quantité incalculable de restaurants destinés à abriter et nourrir les centaines de touristes qui viennent sur cette petite ile de 2 km de large sur 4 de long, nous avons décidé de partir à la recherche de l'usine de traitement des eaux, la step, comme on dit chez nous et dans la foulée, de l'usine de traitement de déchets (non carnés). On a fouillé toute l'ile mais on a rien trouvé. En fait on s'est vite rendu compte qu'on ne cherchait pas au bon endroit, et, ho! surprise, ici on a réussi le coup de force de réunir au même endroit le traitement des déchèts et le traitement des eaux usées. En fait, il ne fallait pas chercher sur l'ile, mais tout autour. l'usine s'appelle pompeusement: Maintenance et Elimination des Kilos d'Ordures et Nettoyage Général. en abrègé : MEKONG.

Cette formidable usine est capable d'éliminer une quantité phénoménale de déchets. Les déchets sont dirigés naturellement jusqu'à un delta situé au bord de la mer au Vietnam. Là, tout disparait comme par magie dans l'océan infini. Il fallait y penser. Pour les plus gros déchèts, ils sont traités sur place. Soit on les enfouis dans le lit de la rivière et on les oublie puisque l'eau n'est pas transparente, soit on les incinère et les résidus et métaux (pas trop) lourds sont dispersés dans l'air très haut pour finir par se perdre dans l'espace également infini.

Simple, efficace et naturel il fallait y penser.......Ce qui est étonnant c'est qu'il fait plus de 30° et pratiquement personne ne se baigne dans le Mékong! Serait-ce le début d'une prise de conscience ?

L'usine en images......

..........Bon appetit

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Don Khone

Le 2 janvier 2018

la voie du rail

Au temps du protectorat français ( Ma définition du protectorat: j'empêche les autres méchants occidentaux de venir ennuyer les pauvres laotiens, je construis des écoles et des hôpitaux et en échange je pille le pays comme bon me semble et j'exploite la population à ma guise) Les français qui contrôlaient la région d'Indochine voulaient étendre le commerce avec les pays voisins histoire de se faire quelques sous. Ceci supposait contrôler le mékong, principale voie de communication. Malheureusement, au niveau de l'ile de Don Khone des rapides de part et d'autre constituaient des obstacles infranchissables.

Les chutes de part et d'autre de l'ile de Don Khone

Cliquez sur les images pour agrandir les photos

le pont qui relie les 2 iles

Pour les contourner, une ligne de chemin de fer de 14 km de long fût construite en 1893. D'abord à travers l'ile de Don Khone, puis à partir de 1910  à travers celle de Don Det. Les deux iles fûrent reliées par un pont de 150 mètres de long sur 3 de large, qui existe toujours aujourd'hui et qui est utilisé entre autre par les touristes pour réaliser de magnifiques photos du couché de soleil.

On  y voit également quelques maisons coloniales de l'époque française. Certaines ont été restaurées et d'autres finissent de tomber en ruine comme par exemple l'ancienne poste

La poste en ruine

Il faut imaginer les conditions  particulièrement rudes dans lesquelles  les quelques 500 ouvriers réquisitionnés devaient travailler. Peu qualifiés, mal nourris et mal soignés. Beaucoup tombent malades ou meurent sur le chantier. Il faudra 5 mois pour terminer les travaux et réussir le 1er transbordement de marchandises et de passagers. Les trains comptaient 12 wagons. En 1989, on a retrouvé 2 locomotives enfouies dans la Jungle. Elles sont aujourd'hui exposées au bord du parcours. Les voies ont été recyclées et on en voit encore transformées en barrières

Cette aventure pris fin en 1937 avec la construction d'une route reliant le Laos au Cambodge.

Une des 2 locos retrouvées en 1989

Si nous étions un peu " déçu en bien" pour l'ile de Don Det, nous avons beaucoup aprècié Don Khone. L'ile est plus grande, le chemin plus large et les maisons plus espacées. La nature est toujours magnifique et le Mékong coule imperturbablement à nos pieds. Nous avons profités de cette quiétude pour passer tranquillement le nouvel an.

Nous rencontrons beaucoup de monde à l'instar de Bastian que nous avons croisé et que nous devrions retrouver à Bangkok ou Gérard  qui part pour Paksé aujourd'hui et que nous allons certainement revoir à Surin en Thaïlande pour visiter la région.

Nous avons trouvé un super petit resto tenu par un couple de Laotienne et un anglais. Lui prépare de délicieuses pizzas et elle, nous mijotes de délicieux curry fait avec amour et préparés avec des ingrédients maisons et bio. C'est un tel régal que nous avons pris qu'un repas dans un autre resto depuis 4 jours. On en avait un peu mare des restos où on en a rien à faire que vous aimiez ou pas la nourriture Qui est le plus sonvent servie par des enfants. Ici encore plus qu'ailleurs c'est la nonchalance qui prévôt. Les femmes s'activent tranquillement aux alentours des maisons ou tiennent les boutiques, les enfants sont à l'école ou travaillent ou encore jouent dans la rue et les hommes eux ne font rien.

Petite visite de l'ile en images........

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Don Det et Don Khone, du souci à se faire ?

 

Une rumeur persistante plane au-dessus des 2 iles : les chinois arrivent dans 2 mois. Il semble que la quiétude des autochtones soit quelque peu menacée par l’arrivée imminente des trax chinois. Selon plusieurs "expats" du coin un accord serait intervenu avec les autorités laotienne qui permettrai aux chinois d’occuper les iles et de déplacer les habitants. Lors de notre descente à travers le Laos depuis la Chine, nous avons vu dans le nord du pays, les travaux de construction d’une ligne TGV chinoise ainsi que la construction d’un barrage, toujours par les chinois.

 

 Fidèles à leur nonchalance les insulaires préfèrent ignorer la chose et continuer leur vie tranquille au jour le jour. Selon le patron du resto où nous mangeons tous les jours, une séance pour informer la population a été organisée, mais personne ne s’y est rendu. D’ici 2 mois, les travaux devraient commencer par la construction de routes. Actuellement il n’y a que des sentiers et l’ancienne voie de chemin de fer en terre et souvent défoncée (nous l’avons parcourue en tuk tuk) . Il faut rappeler qu il n’y a pas de voitures sur les iles. De belles routes en goudron vont permettre l’accès pour reconstruire les iles. Comme nous le savons les chinois ne font pas les choses à moitié et les pauvres habitants des iles risquent fort de se retrouver expulsés et parqués dans des tours ou je ne sais quels logements afin de laisser le littoral libre pour la construction d’hôtels et d’infrastructures à la dimension chinoise. Si les chinois viennent ici ce n’est sûrement pas pour aider les laotiens, mais bien pour mettre la main sur le pays et sons sous-sol qui semble enfermer bien quelques richesses.

A n’en pas douter, des hordes de touristes chinois vont bien vite remplacer les trax et les grues.

Si tout cela est vrai et cela semble être le cas, nous avons bien peur d’être parmi les derniers à profiter de cet endroit paisible et charmant.

Si le passé était français, il semble bien que l'avenir sera chinois pour les laotiens

Demain 3 janvier 2018 nous quittons les iles  pour retourner à Paksé. Nous y restons 1 nuit avant de partir pour la Thaïlande. Nous avons prévu une nuit à Ubon Ratchatani pour ensuite nous rendre à Surin où il y a quelques sites Khmères à visiter. A bientôt pour de nouvelles aventures.

 

Bonne année 2018

En bonne compagnie (de bus)

Nous arrivons tranquillement à Paksé après 2h30 de bus. C’était cool et le chauffeur déposait les passagers en fonction de leurs destinations. D’abord ceux pour Vientiane, puis pour Ubon et Bangkok pour finir par nous déposer au centre de Paksé à 5 minutes à pied de notre hôtel. Arrivé à l’hôtel, tout le monde nous reconnait puisque c’est la 3ème fois que nous y séjournons. A noter que c’est un hôtel classe *** avec terrasse panoramique sur le toit pour réaliser les beaux couchés de soleils sur le Mékong que nous espérons, vous aurez appréciez.

Une fois la chambre payée, (29 fr) on indique que nous désirons 2 billets de bus pour le lendemain pour Ubon en Thaïlande à 150 km de Paksé. Le préposé, très aimable nous répond que malheureusement il vient d’être informé qu’il n’y avait pas de bus pour Ubon demain 4 janvier. Un grand silence s’instala, un ange passa et nos méninges commencèrent à cogiter : hôtel réservé à Ubon, rendez-vous avec Gérard à Surin, train réservé le 10 à Bangkok etc. etc., pas possible de changer la date du départ.

 Une fois l’instant de stupeur passé, je demande au préposé : Y a-t-il d’autres solutions, peut-on prendre des minibus, enfin tout ce qui me passe par la tête. A cet instant, le patron de l’hôtel qui nous reconnait aussi arrive. Je lui explique la situation, il se renseigne auprès de son employé en Laotien et me répond que malheureusement, il n’y a effectivement pas de bus direct pour Ubon demain, mais que ce n’ai pas grave car la solution et simple :

Il suffit de prendre un Tuk tuk devant l’hôtel pour le marché du matin. Là, il y a pleins de minibus qui partent pour la frontière Thaï située à 45 km d’ici. Arrivés au marché du matin, il y a 2 solutions : soit on paye 240'000 kips (30 fr.) et on part les 2, Pascale & moi pour la frontière, soit on attend que le mini bus ait fait le plein de ses huit passagers pour nous mener à la frontière et payer 60'000 kip pour 2 billets (7.50 fr.). Une foi la frontière passée, il suffit de prendre un autre bus qui nous mènera à Ubon à 100 km de là.  Nos méninges cogitent encore un moment, je fais mentalement le parcours et me dis que ça va être coton et cher, mais comme on n’a pas le choix, c’est ce qu’on va faire.

Quand même, on trouve ça bizarre et on décide d’aller en ville pour voir si on peut trouver une autre alternative dans une des multitude agences de voyages qui parsèment les rues près de notre hôtel.

On se rend dans la première venue et on demande : Sabaidéé (bonjour en laotien) on aimerait aller demain à Ubon ? le gars fort sympa nous répond : oui alors, il y a 2 bus, un à 8h30 et un autre à 14 heures. Lequel voulez-vous prendre ? Perplexes, on se regarde avec Pascale et on lui répond : On nous a dit que le bus pour Ubon était supprimé le 4 janvier, êtes-vous sûr qu’il y en ait bien demain ? Ni une ni deux, le gars prend son natel, appelle la compagnie de bus et 1 minute après il nous dit : je suis sûr à 100%.  Je ne vais pas vendre un billet si je ne suis pas sûr qu’il y a un bus

D’un coup, tout rentrait dans l’ordre, on s’acquitte des 160'000 kip pour les 2 billets (20 fr.), le gars nous dit qu’un mini bus passera nous prendre demain matin à 7h45 devant notre hôtel pour nous mener à la bus station sans supplément (comme c’est partout l’usage au Laos).

Une fois la transaction effectuée et le billet en poche, nous décidons de retourner à l’hôtel pour tenter d’éclaircir la situation qui nous échappe complètement.

 On arrive devant le patron de l’hôtel et on lui dit, en français dans le texte : On ne comprend pas bien, on est allé dans une agence et on a nos billets de bus pour demain pour Ubon. Je lui tends le billet, le patron le regarde parlemente avec son employé et déclare sans se démonter le moins du monde : oui, mais ce n’est pas la même compagnie !! On n’y croit pas, le gars était prêt à nous faire perdre une journée pour faire 140 km en payant 2 ou 3 fois le prix, plutôt que nous aiguiller sur une autre compagnie. On avait le choix entre lui casser son comptoir sur la tête ou simplement partir tranquillement sur le toit de l’hôtel pour profiter du coucher de soleil devant un apéro à moitié prix puisque c’était les happy hours. On a vite choisi la 2ème solution pour clore cette aventure laotienne par une happy-end

Le bus de l'autre compagnie                                On s'est retrouvé à 6 dans le bus

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